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mardi 23 février 2016

Le pouvoir par les références

Un gourou de la fin du 20ème a prédit un basculement du "Pouvoir", du pouvoir des armes vers celui de l'information (Powershift, Alvin Toffler, 1990). La thèse futuriste était exprimée de manière assez confuse, mais il en ressortait qu'une nouvelle forme de "Pouvoir" résiderait dans la seule capacité à savoir où se trouve la bonne information plutôt que dans l'information elle-même.

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C'était tout de même une belle anticipation de la manifestation publique du grand pouvoir des moteurs de recherche universelle et des navigateurs Web (vers 1995). Une anticipation de 5 années à peine, mais de quelles innovations !

Cette anticipation, portée par un souffle enthousiaste, préfigurait la conception magique d'une révolution numérique à venir. Cette magie, d'autres auteurs ont tenté de l'apprivoiser (par exemple Being Digital de Nicholas Negroponte, 1995). A l'inverse, d'autres auteurs l'ont sublimée en torturant les théories de l'informatique pour leur faire prendre forme de révélations ésotériques. D'autres tentent d'imaginer une nouvelle ère numérique à la suite de l'écriture et de l'imprimerie (Petite Poucette, Michel Serres, Editions Le Pommier, 2012). Alors qu'il y a tellement de raisons urgentes de la réaliser tout de suite, cette révolution numérique, par exemple afin de nous impliquer concrètement dans les énormes efforts à réaliser pour éviter l'extinction de la planète !

Rétrospectivement, le plus étonnant, c'est l'exactitude technique de l'anticipation - peut-être l'auteur était-il tout simplement bien renseigné. Car c'est bien l'invention du lien pointeur d'information, vers la fin des années 80, qui est à la base du Web : cette invention nous donne la faculté d'appeler l'information référencée par un lien signalé sur une page du navigateur, par un clic sur le lien. Ce lien remplit automatiquement une fonction analogue aux renvois de pages dans les index à la fin des gros bouquins, sauf qu'il peut pointer n'importe où, sur n'importe quoi dans le Web, et qu'on peut l'insérer à n'importe quel endroit (ou presque) dans une page. Cependant, l'actuel protocole technique de réalisation du lien URL, celui qui a prévalu à la fin des années 80 et demeure seul en vigueur, est devenu inadapté aux réalités présentes du Web. En effet, par conception, ce lien reproduit les limites fonctionnelles d'un index : il suppose la stabilité de la destination pointée et sa pertinence. De fait, son usage suppose donc un univers informatique complaisant, figé ou en développement permanent par accumulation. Il suffit de consulter, par exemple, une page de l'encyclopédie Wikipedia, pour constater l'optimisme de cette supposition. Une forte proportion des liens dans les références en fins d'articles pointe dans le vide. D'autre part, pour illustrer d'un exemple simple l'abus potentiel du pointage via lien URL, si vous placez sur le Web une oeuvre reconnue par vos pairs afin de la diffuser gratuitement, vous ne souhaitez probablement pas que tel ou tel paragraphe en soit pointé par ailleurs dans un article inconnu de vous et qui éventuellement contiendrait des accusations déloyales ou des interprétations fausses; de plus, vous souhaitez certainement que tous les liens pointant sur votre oeuvre puissent être mis à jour si vous la déplacez sur un autre site du Web et dans le cas où son site actuel d'hébergement serait réorganisé; et vous souhaitez aussi que ces liens vers votre œuvre puissent être adaptés si vous mettez en ligne une version plus complète ou, au contraire pour d'autres raisons, seulement une version réduite... En résumé, le lien fondateur du Web est un lien de pur pointage, dénué d'attribut, péremptoire, idéal pour une photographie instantanée d'un monde du savoir parfait. Mais, dans un monde imparfait où les vies ne sont pas éternelles, et où le commerce et le mensonge occupent une grande partie de nos existences agitées, ce lien-là est l'arme idéale du pirate et du manipulateur, autant que le jouet du débile et le doudou de l'ignorant. Il a rendu indispensables les moteurs de recherche universels en tant que révélateurs des liens existants vers un contenu; il a fait leur fortune après l'invention lucrative du Pagerank ou d'un autre critère simpliste équivalent destiné à réduire la monstruosité de leur fonction... L'universalité totalitaire du lien URL, l'exclusion d'alternative plus élaborée, c'est pour quel brillant avenir convivial ?

Rétrospectivement, ce qui est peut-être encore plus frappant dans le livre du gourou, c'est l'éblouissante confusion entre connaissance et compétence, encore balbutiante à l'époque de la parution du livre, à présent généralisée pour le plus grand profit des prestataires de savoirs consommables. Cette confusion est clairement exprimée dans la définition du nouveau pouvoir futur, explicitement fondé sur les liens vers les informations plutôt que sur les informations elles-mêmes. Pour l'acquisition du nouveau "Pouvoir", une connaissance, un savoir, c'est un paquet de références. Par extension, automatiquement - cela n'était pas anticipé -, on arrive à ce que nous constatons à présent : chacun de nous sur le Web, se résume à un paquet de références, à l'enveloppe normalisée et translucide d'une sorte de credo éclaté, dont les pointeurs vont progressivement tomber dans le vide à chacune de nos pertes d'assiduité, définitivement au terme de notre existence physique. Quel poète a dit que seuls nous survivent les rêves que nous transmettons aux autres ? Certainement pas sur le Web actuel.

Finalement, le seul détail où cette anticipation peut paraître à présent trompeuse et naïve, c'est paradoxalement son ignorance de la nature du nouveau "Pouvoir". En effet, l'anticipation de 1990 n'imaginait pas l'exploitation statistique géante en arrière plan des comportements des utilisateurs du Web ni la variété des influences que cette exploitation allait instrumenter dans tous les medias enchaînés. Rien qu'à partir des références. Mais, à la décharge du gourou prévisionniste, peu de gens semblent encore conscients de ce Nouveau Pouvoir.

samedi 23 novembre 2013

Comment passer entre les fils du Web : discours de méthode

Quelle justesse dans la principale dénomination du réseau des réseaux : le Web ! Oui, une toile avec une bestiole à grandes pattes au milieu…

Le mot « Web » évoque un univers contrôlé par un être qui s’en alimente, tout en se tenant à la fois à l’intérieur et en dehors. C’est le Web des branchés, en même temps le Web du sondage universel instantané au profit de divers agents chargés d’ajuster les messages à diffuser par les medias (pour diverses finalités, par exemple la paix dans le monde, la primauté d’entreprises performantes, le rayonnement d’organisations bienfaitrices).

Et comment ne pas reconnaître la similarité entre ce Web et une image de la construction mentale du monde par le cerveau humain : un amas en treillis (ou un treillis d’amas ou les deux ?), où tout est relié à tout selon des logiques parfois oubliées, et où circule une singularité dont les branchements multiples fabriquent notre interprétation de l’instant présent, potentiellement à la fois étrangère et domestiquée, destructrice et ouvrière.

Cette parenté entre une description analogique du Web et celle du fonctionnement de notre cerveau décrit naïvement une réalité en profondeur. On pourrait en écrire un volume. Ce qui nous intéresse, c’est que ces analogies nous offrent des indices opératoires pour imaginer comment faire évoluer le Web sans forcer notre nature, sans imposer une révolution préalable, simplement par un mode d’emploi, une méthode, afin de nous ouvrir des dimensions latentes de la pensée et, à partir de là, des dimensions nouvelles dans les relations humaines.

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Cette ouverture vers de nouveaux espaces est urgente, car le Web actuel est l’équivalent d’un cerveau réduit aux réactions instantanées des sens primaires, et piloté, pour les idées générales, par injections en continu. L’être humain branché au Web n’est pas un être malheureux. Au contraire, il atteint un niveau de satisfaction mentale qu’il prend pour une libération, du fait qu’il s’approche d’un idéal du moindre effort pour son propre cerveau, un idéal qu’en termes modernes on pourrait assimiler à celui de la « maîtrise de la complexité » - complexité qu’autrement le cerveau humain doit constamment conjurer par l’élaboration de constructions mentales simplificatrices plus ou moins bancales, plus ou moins cohérentes entre elles, plus ou moins pérennes, d’où des efforts pénibles et souvent renouvelés, autant pour entretenir des relations avec un autre être animal ou humain que pour la compréhension de l’avenir de la planète.

Si dans ce blog, plusieurs fois, nous avons dénoncé la fascination mentale pour la "machine", c’est bien au sens de notre tendance normale à la soumission à des systèmes de pensée ou de comportement mécaniques. Cette soumission est spécialement apparente dans l'usage étendu du mot "gérer" dans le langage courant : on ne gère plus seulement une trésorerie mais un business, un problème, un risque, sa liberté, sa vie, et à l’échelle d’un pays, l’Etat ! L'individu branché se revendique autonome, en même temps qu'il s'immerge au milieu des automates physiques et se drogue de mécaniques mentales, s'émerveille d’une illusion de société universelle marchande et jouit d'une maîtrise absolue d’un univers réduit à ses éléments mesurables par des machines. Mais, la seule autonomie véritable dont l’individu branché peut se prévaloir, c'est une autonomie physique, provisoire et relative. En réalité, son autonomie d’être humain se réduit à celle d’un zombie prétentieux, grotesque, dépendant, suicidaire.

Et que le Web nous offre un paradis philosophique devrait nous inquiéter : ce ne sont plus seulement les réponses qui sont toutes faites mais aussi les questions !

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Comment échapper à l’esclavage mental dont ce Web « rétronique » ne fait qu’augmenter l’emprise ?

En passant entre les fils, tout simplement. Ou plutôt, en tissant entre les fils pour démultiplier les possibilités de sens. Car il y a beaucoup d’espace, et même du vide entre les fils.

Pour concevoir un plan d’évasion, il peut être commode d’imaginer notre clôture mentale non pas comme une toile insaisissable agitée d’impulsions imprévisibles, mais comme un joli décor bien stable à 360 degrés en coquille – un décor support de toutes nos explications, représentations, conceptions de notre entourage et du monde – sans aucun vide apparent, ou alors des zones de vides-témoins bien étiquetés en témoignage d’une conception d’ensemble en cours de construction.

Dès lors, il apparaît évident qu’aucune forme d'analyse ne pourra nous faire traverser ce décor familier (non, « la » nature n’a pas « horreur du vide », mais c’est bien notre nature humaine d’habiller le vide), puisque le résultat d’une telle analyse, tous azimuts ou locale, ne pourra que surcharger le décor à l’intérieur de la coquille. Les méthodes d’innovation, toutes fondées sur une recherche d’associations ne pourront elles aussi, par nature, qu’augmenter localement la finesse du décor. Les jeux mémoriels comme la rétro histoire (ou la mauvaise science-fiction) nous permettront d’élaborer ponctuellement un décor imaginaire à partir d’un passé (ou d’un pseudo futur) réécrit selon les pesanteurs et avec les fils du présent, et ce décor imaginaire s’intègrera à l’ensemble existant… Rappelons-nous que nous cherchons de nouveaux espaces mentaux pour agir pratiquement sur notre présent et maîtriser notre destin ; ce n’est donc pas non plus par le délire ou par des invocations magiques que nous y parviendrons, car ces expériences brutales ne feront que brouiller temporairement le décor, nous le rendre étranger, hors de contrôle, nous jeter à la dérive en espérant un naufrage sur n’importe quel récif auquel nous nous empresserons d’attribuer une signification familièrement dérangeante.

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Cependant, nous ne sommes pas sans ressource dans notre projet d’évasion contrôlée. Nous avons à notre disposition toute la panoplie des méthodes de dissociation ponctuelle du décor par l’ironie ou la logique froide, la panoplie des méthodes de déchirure par dérision ou par déplacement de contexte ou par décalage dans la discipline de pensée comme la traduction dans une langue étrangère ou le réexamen actualisé d’options expérimentées mais peut-être faussement caduques - et surtout, pour chacun de nous, l’équation personnelle en révélateur critique d’un décor de convenance majoritaire, dont les approximations ressortent lorsqu’on les confronte à une expérience personnelle - bien évidemment les expériences amères sont plus favorables à ce genre de découverte. Ainsi et par d’autres méthodes, nous pouvons réaliser une évasion mentale de l’intérieur du décor, en le modifiant localement mais radicalement, sans rupture mais sans anesthésie donc pas sans douleur et même pire encore : avec humiliation - autrefois, on aurait dit avec pénitence !

Un exemple pour illustrer l’une des évasions proposée dans notre blog : la dissociation de citoyenneté et nationalité, deux termes habituellement conjoints au point de suggérer leur interchangeabilité, ouvre des possibilités quasiment infinies de réforme des régimes « démocratiques », à condition de s’affranchir des plates dissertations fondées sur de prétendues « leçons de l’Histoire » ou de prétendus principes intangibles. Il ne sert cependant à rien de multiplier les utopies à partir d’une telle dissociation, surtout dans la situation d’urgence que nous vivons. Il convient de sélectionner quelles possibilités seraient pertinentes en regard des réalités, et comment leur mise en œuvre pourrait s’envisager concrètement. Et d’imaginer comment en pratique, un citoyen acteur de la république et responsable devant ses égaux concitoyens, pourrait être, dans la vie sociale et pour la société dans son ensemble, une toute autre personne qu’un voisin dont la seule caractéristique est d’avoir la même nationalité au sens administratif du terme…

Autre exemple détonant : la dissociation entre compétence et connaissance, centrale dans ce blog.

Ici, introduisons un petit mot à l’intention des personnes cultivées qui pourraient s’offusquer de l’absence de référence à la caverne de Platon (La République). Pour nous, cette caverne de Platon fait partie du décor culturel des créations mentales. Contrairement à ce qui est exigé des philosophes par Platon, nous ne prétendons pas sortir de ce décor pour accéder à une forme de révélation. D’ailleurs, on ne peut qu’être dubitatif sur la possibilité d’une telle révélation et sur la possibilité de sa compréhension par de simples mortels, si on considère l’apport de la philosophie à l’humanité après Platon, et spécialement dans notre monde contemporain, mais ceci est une autre histoire…

Bref, plutôt que de nous agiter en tous sens à la poursuite de pseudo innovations lbrevetables, plutôt que d’empiler des arguments en faveur de révolutions impossibles, plutôt que d’aspirer indéfiniment à une quelconque transcendance, nous préférons une forme d’évasion par regonflage local et rénovation de notre coquille commune ! Avec l’objectif précis que nous nous sommes donnés (voir paragraphe suivant), cette méthode nous permet de récupérer du matériau mental « hors d’attente », mais aussi de rejeter le matériau inutilisable « hors d’atteinte ». Car pour nous, la liberté, c’est pour faire quelque chose, sinon elle n’est qu’un mot confortable collé sur un vide.

Rappelons que notre objectif est la création d’un Web alternatif, physiquement complémentaire du Web actuel, consacré aux sociétés virtuelles à objectif et plus spécialement au partage direct des compétences entre les personnes. Et que, avec l’apport d’innovations relevant de diverses disciplines, cet objectif de transmission des compétences à l’ère numérique nous semble faisable dans l’architecture originelle du Web, malgré qu’il soit actuellement grossièrement ignoré ou à peine esquissé à la marge. Et que la réalisation de cet objectif nous semble fondamentale pour la construction d’un avenir d’humanité conviviale et réconciliée.

Fin du discours de méthode.

Liens vers quelques billets du blog
Sur la fascination mentale pour la machine : Dick, l’homme, le robot
Sur nos questions toutes faites : Pensées d’un requêteur d’occasion
Sur la dissociation entre citoyenneté et nationalité (et différents niveaux de citoyenneté) : Pour une révolution quantique de la société binaire
Sur la dissociation entre connaissance et compétence : Entonnoir du savoir, déchiqueteur des compétences
Sur la convivialité : Lueur à suivre

lundi 21 octobre 2013

A quand la grande école de tous ?

Ce billet est consacré à la discussion de l'impact des nouvelles technologies dans le monde de l'éducation et dans le monde tout court.

Nous partons d'un ouvrage, celui de Loriane Lafont aux éditions Jean-Claude Gawsewitch (octobre 2013), Misère et décadence des grandes écoles.

Sous un titre vendeur, ce livre est d'abord celui d'une petite poucette en révolte.

MidecGE.jpg Les premiers deux tiers du livre décrivent les méfaits de l'informatique chez les jeunes, lorsqu'elle est mal utilisée dans et hors des salles de cours. Le dernier tiers analyse la compromission des grandes écoles littéraires (mais l'auteur de ce billet pourrait surenchérir pour les écoles scientifiques) avec les écoles de management et de commerce : passerelles tentatrices vers des métiers à hautes rémunérations, cours communs de business et de finance, partage de sources de financement.

La population est celle des élèves en classes préparatoires et dans les grandes écoles des filières littéraires.

Voici un résumé de quelques phénomènes observés parmi les "branchés" :

  • prises de notes en texte intégral pendant les cours, en auto hypnose, au point que l'élève doit ensuite tout remettre en forme pour que le texte soit utilisable (où est le temps gagné au total, car n'a-t-on pas reconstitué a posteriori le filtre personnel de la prise de notes synthétiques ?)
  • différenciation affichée de la classe sociale de chaque élève selon la marque ou la nature de son engin informatique, indépendamment de l'utilisation première (traitement de texte) qui ne requiert ni puissance ni luxe ni blason chic
  • amateurisme et dispersion mentale "multi tâche" des élèves, pendant les cours à petit enjeu ou dispensés par des professeurs de moindre réputation : traitement des courriers électroniques, activités sur les réseaux sociaux, visites des sites de soldes, visualisation de vidéos...
  • remplacement du chahut par la manifestation d'un complet désintérêt, la classe se reportant sur diverses occupations et distractions par ordinateurs.

Il y a d'autres effets de la généralisation des ordinateurs portables :

  • le cours idéal, c'est un cours linéaire numérisé ou numérisable sur place, dont les détails sont parfaitement en accord avec les encyclopédies en ligne,
  • les cours magistraux sont assimilés à des produits numérisés de consommation,
  • l'ignorance (au sens d'une négation volontaire) de la valeur d'une transmission originale et vivante entre un professeur et des élèves est "normale" (avec en illustration, la terrible anecdote de l'élève qui exige du professeur qu'il accélére son débit de parole, afin de correspondre à une vitesse normale de saisie)
  • there is no alternative aux salles de cours presque vides ou remplies d'élèves derrière leurs écrans !

Il est apparent que l'amertume du constat résulte en grande partie d'un fossé de compétence informatique entre la génération des professeurs et celle des élèves, d'où la trop longue conspiration du silence du corps enseignant et son manque d'imagination constructive face à ce qu'il est convenu d'appeler la révolution numérique. Cependant, l'auteur fait porter le poids de la faute sur les élèves, en parlant d'une "stupidité" induite par le mauvais usage de l'informatique et considère qu'il faudrait créer une formation au bon usage de l'informatique.

Commentaire à propos de la phrase finale du chapitre 4 Le petit lycée sur la montagne

"S'il est un argument à avancer contre les classes préparatoires, quelles qu'elles soient, c'est bien celui-là qui est à mettre en tête de liste : le fait qu'elles produisent des jeunes gens précocement imbus d'eux-mêmes".

Cette phrase mérite d'être discutée, bien qu'elle se place en conclusion logique d'un chapitre consacré principalement à des anecdotes de déviations élitistes.

Dans les classes préparatoires à des concours hyper sélectifs, le repli sur soi de chaque élève résulte du simple effet de la concentration. mais il existe néanmoins une camaraderie entre les élèves partageant une commune souffrance. Par ailleurs, la communauté de participation à une tradition ancienne de grands anciens prestigieux (ceux dont les bustes ornent des lieux majestueux) est censée donner un zeste de solennité à cette collègialité, tout en créant une source supplémentaire de terreur, par l'évidence que l'on ne sera jamais l'égal des grands noms du passé. Dans ces conditions, un sentiment de supériorité des élèves sur le reste du monde ne pourra que résulter d'une convention factice, et même si ce sentiment existe nativement chez quelques personnalités spécialement ambitieuses, il leur faudra réguiièrement sacrifier une part de la réalité de leur condition à ce totem... à moins que ce sentiment de supériorité ne repose sur d'autres facteurs bien concrets comme l'appartenance à une catégorie sociale favorisée - c'est ce que l'on peut comprendre en lisant le livre au fil des observations d'arrière plan sur la "montagne" surplombant le monde. Il est inutile de développer : tout a déjà été écrit sur la reproduction des classes sociales dans les grandes écoles, en particulier par des rédacteurs qui n'ont jamais fréquenté ces grandes écoles, ou par des agents acharnés à la liquidation de ces héritages témoins d'une république de l'égalité des chances, en oubliant d'ailleurs à quel point tous les pays d'excellence universitaire développent des systèmes de sélection brutalement fondés sur la capacité financière des parents.

Notre commentaire est le suivant : si des jeunes gens paraîssent précocement imbus d'eux-mêmes, ce n'est pas une spécificité des classes préparatoires ni même d'un système éducatif quelconque, mais plutôt le résultat d'autres facteurs sélectifs et la conséquence d'évolutions de la société dévalorisant l'expérience humaine, dont les impacts combinés dans un milieu étudiant seront mécaniquement amplifiés par un décalage de maîtrise informatique entre les jeunes et leurs professeurs.

Propositions pour une formation des jeunes à l'informatique ET à l'esprit critique

Le livre de L. Lafont identifie un besoin de formation des jeunes au bon usage de l'informatique mais ne propose rien de précis.

Il est nécessaire d'affronter un ensemble de questions : a partir de quel niveau préalable des élèves, selon quel programme, pour quel résultat attendu ? Voici quelques propositions.

Une partie de la formation scolaire à l'informatique pourrait être conçue comme un enseignement classique "à la dure" : apprendre à utiliser un clavier sans regarder les touches, apprendre les rudiments du fonctionnement des engins informatiques et du réseau Internet. Le résultat à viser serait en premier lieu de libérer l'élève de la pensée magique qui envelopperait autrement son inconnu mécanique et logiciel, et avant que l'élève ne soit définitivement submergé par des réponses marchandes univoques à ses interrogations éventuelles.

L'enjeu est énorme : cette pensée magique face aux instruments informatiques et la soumission de fait aux tourbillons marchands caractérisent actuellement encore (début du 21ème siècle) la génération des enseignants aux postes d'autorité ou d'influence. On ne peut pas dire que ce soit une population de crétins, pas plus que la population étudiante décrite par le livre de L. Lafont. Ce constat prouve qu'il est indispensable de créer les réflexes des élèves nécessaires au maniement des engins informatiques mais qu'il est encore plus indispensable d'éduquer leurs esprits afin qu'ils sachent comment échapper au potentiel hallucinatoire de ces engins et surtout aux influences des "informations" et messages qu'ils véhiculent.

A la suite immédiate de l'enseignement basique des rudiments de l'informatique, s'imposerait donc celui de son bon usage. Pour ce faire, on devrait sortir du cadre d'un enseignement classique, sans toutefois s'évader de la salle de cours en petits groupes, afin de permettre une assistance rapprochée et une aide individualisée instantanée par le professeur-tuteur. Avec un équipement simple des élèves, on suivrait plusieurs scénarios de découverte tutorisée et partagée des richesses culturelles et des possibilités techniques de l'informatique et des réseaux, mais aussi des limites de ces richesses et possibilités, des risques de falsifications et de manipulations, des méthodes pour les détecter. Bref, ce serait une formation destinée à favoriser l'émergence de l'esprit critique chez les élèves , et à fortifier leur propre autonomie de pensée - ce qui par ailleurs introduirait naturellement l'instruction civique, car évidemment, il s'agit ici de l'école primaire... L'auteur de ces lignes se souvient de son premier "choc critique" en cours moyen, lorsque l'instituteur (c'était à la fin des années 50), après avoir exposé l'histoire napoléonienne, en présenta un bilan faisant état des critiques de la "légende" - scandale et refus sur le moment, mais le vaccin avait pris ! Ajoutons qu'à l'évidence, on ne peut pas mesurer l'esprit civique ni un niveau d'autonomie mentale, c'est à l'élève de se faire par lui-même, dans le temps et plus tard...

Pour un programme d'ouverture à l'autonomie de pensée, il serait difficile d'imaginer un meilleur outil qu'Internet ! Une question de fond en passant : est-ce que cette ouverture-là ne devrait pas être une priorité de l'école ?

E-learning, société sans école, société école

Citons la dernière phrase du chapitre 1.Ecrans de fumée du livre de Loriane Lafont : "Si l'enseignement du XXIème siècle revient à exclure l'humain de l'endroit où il a le plus sa place, l'école, il est à craindre que le système scolaire ne devienne progressivement un continent de marchandises qu'échangeront, sans mot dire, une cohorte d'anonymes avec une foule étrangère".

En contradiction de cette affirmation prospective, on doit observer que l'enseignement à distance par informatique est un domaine de vrai progrès de la "révolution numérique" depuis plusieurs années. Mais pas pour tous les programmes ni pour toutes les populations, et sans exclure la combinaison avec des séminaires permettant les échanges directs avec des professeurs. D'ailleurs, à l'origine des outils logiciels de référence (par exemple Moodle), il s'agissait d'améliorer l'enseignement universitaire d'abord en qualité plutôt qu'en termes d'élargissement de la population étudiante. Avant de se jeter sur de prétendues innovations dans l'e-learning, ou à l'inverse, avant de déclarer péremptoirement que seule l'école à l'ancienne préserve l'humain, on fera donc bien d'abord d'élaborer un retour d'expérience des réalisations. Car il est manifeste dans ce domaine qu'il existe des expériences "en vraie grandeur" donc des compétences (jamais universelles) mais aussi des illuminés, des requins avec leurs poissons pilotes, et probablement encore quelques sirènes. Surtout, il est évident que toute tentative d'empire culturel s'appuiera sur les techniques et les méthodes d'enseignement portées par des moyens numériques, et que ce déploiement a commencé, pour le moment concentré sur quelques disciplines....

Illlsans.jpg Tout ce qui précède nous améne à ceci : on ne pourra plus demain techniquement isoler l'école de la société. Il serait donc urgent que soit faite une critique actualisée du livre-culte d'Ivan Illich "Une société sans école" (Editions du Seuil, 1971), livre d'idées par dizaines, bourré de phrases percutantes (certaines sont absurdes si on les extrait de leur contexte) et nourri de plaidoyers contre les empires de l'époque, évidemment à ne pas lire comme un pamphlet révolutionnaire contre toute forme scolaire mais à l'inverse comme la proposition d'une société-école, une grande école permanente de tous pour tous - l'un des seuls livres qui comprend le facteur humain de la transmission de l'expérience individuelle. Ce livre décrivait une utopie, nous avons maintenant les moyens de réaliser cette utopie transposée à l'ère numérique. Mais, pour imaginer comment ce serait possible, il faut plus qu'un travail de recherche critique ordinaire. On pourra se délecter des passages décrivant l'avenir du monde de l'éducation par continuité et inertie, écrits par Illich alors qu'Internet n'existait pas; on y retrouvera ce que nous raconte l'ouvrage de L.Lafont.

En conclusion : presque tout reste à faire pour une révolution numérique humaine et responsable dans l'éducation avec son prolongement pour la transmission des compétences individuelles. Ce n'est pas un simple problème d'utilisation des nouvelles technologies à l'école qu'il faut affronter mais celui d'une construction sociologique cohérente : formation du citoyen dans la société réelle et constitution de vraies sociétés de partage en réseaux. Merci de voir les autres billets de ce blog pour orientations et propositions, mais ce ne sont certainement pas les seules possibles.

mardi 18 juin 2013

Révélations en questions

Dans l'actualité des dernières semaines, un nouveau héros de la vérité nous confirme l'existence de machineries puissantes d'espionnage du Web. C'est une superbe opportunité de poser quelques vraies "questions qui tuent".

Croyez-vous que la fuite à Hong Kong du vaillant dénonciateur puisse nous garantir contre toute manipulation de ses déclarations (même en supposant que ledit dénonciateur soit authentique) ?

Est-ce réellement une surprise, cette "révélation" de l'espionnage de l'Internet par une grande puissance mondiale aux fins de lutte contre le terrorrisme (et plus largement contre tous ceux qui s'opposent à ses intérêts), alors que le réseau Echelon fait de même depuis des années pour les télécommunications ?

MI5_2.jpg Croyez-vous que seules vos "données personnelles" permanentes sur le Web sont observées, autrement dit vos pages personnelles et les informations associées à vos divers comptes, et pas vos comportements, les pages que vous regardez, combien de temps, à partir d'où, à quelle heure, etc ?

Croyez-vous que la puissance en machinerie nécessaire et surtout la compétence d'exploitation en quasi temps réel de gigantesques masses de "données personnelles" soient à la portée d'entreprises commerciales même multinationales ?

Croyez-vous que cette machinerie et cette compétence soient les créations spontanées de quelques startups à succès dans un marché de concurrence libre et non faussée, plutôt que l'inverse (à savoir que le développement de certains géants actuels du Web aurait bénéficié d'un soutien comptablement invisible mais massif, en matériels et compétences technologiques euh... prééxistantes et par nature coextensives) ?

Croyez-vous que cette grande machinerie d'espionnage ne serve que des buts commerciaux ?

Croyez-vous que l'espionnage se réduise à une activité passive de recueil d'informations ? (Si vous répondez oui : lisez quelques romans d'espionnage, regardez quelques séries d'espionnage dans notre monde actuel, par exemple l'excellente série britannique MI-5 (Spooks en vo), et veuillez vous rappeler tout de même que vous avez déjà été informés que des régimes "totalitaires" ont récemment manipulé et liquidé des opposants grâce à l'espionnage des seuls emails, mais en réalité peut-être bien plus)

Croyez-vous que les grandes agences et organisations étatiques d'espionnage puissent avoir une autre vocation que de neutraliser par avance sinon détruire leurs ennemis supposés ?
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Croyez-vous que ces organisations passent leur temps et dilapident leur énergie à s'intéresser à chaque individu isolément, alors qu'elles ont à présent les moyens d'abrutir et de tromper des populations entières d'une manière finement segmentée (bourrages de crânes jusqu'aux chercheurs universitaires en versions subtiles) et ceci dynamiquement en mesurant l'efficacité de leurs campagnes d'actions médiatiques au travers des bavardages de leurs cibles et de leurs activités sur le Web ?

Croyez-vous que la propagande, ce soit juste des publicités dans les journaux et à la télé ?

Croyez-vous que tous ceux qui partagent vos opinions, vous donnent leur avis, vous invitent à dialoguer sur le Web, vous proposent leurs pages personnelles, croyez-vous vraiment qu'ils soient tous de vrais êtres humains plutôt que des robots ?

Qui avec quelle autorité, à votre avis, pourrait empêcher que le Web actuel, hypercentralisé sur des "services" universels, ne soit en même temps le coeur d'une machinerie géante de manipulation médiatique, par l'instrumentalisation de tous les medias et organes de diffusion d'informations et de savoirs ?

A quoi peuvent servir d'éventuelles discussions internationales sur le droit associé aux "données personnelles" dans un univers où aucune notion commune de la "personne" ne peut exister ?

Vous trouverez d'autres utiles questions et arguments dans notre billet déjà ancien sur l'affaire Safari. Concernant la comparaison au Big Brother voyez notre billet Comment peut-on ne pas aimer Facebook  ? et concernant les moteurs de recherche, notre billet Pensées d'un requêteur d'occasion.... Ajoutons, pour les lecteurs un peu curieux, qu'une requête "Wired NSA" sur un moteur de recherche vous mènera probablement encore vers un article publié début 2012 par la revue Wired, disponible à l'époque en Europe continentale notamment dans la version UK de ladite revue. Ce long article abonde sur la matérialité colossale des investissements informatiques consacrés principalement au craquage des communications cryptées sur Internet. Vision locale, partielle, défensive...

mardi 1 janvier 2013

Pensées d'un requêteur d'occasion

J'avais une question.

J'ai voulu savoir ce qu'on trouvait sur Internet.

C'était une question un peu vague mais obsèdante, du genre qui me revient pendant des semaines et qui file au loin juste avant que je la reconnaîsse.

J'ai tapé un mot, les autres sont venus tout seuls, j'ai cliqué sur une ligne toute faite, j'ai eu des pages de réponses, j'ai appris plein de choses à raconter.

Et j'ai oublié ma question.

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Gunnm6.jpg "Aucun document ne correspond à votre requête..."

Bizarre, quand je pense aux autres fois où, sans rien demander de particulier, je reçois un flot de réponses à partir d'une interprétation partielle ou très approchée de ma requête.

Et puis, à la base, c'est présomptueux, cette affirmation qu'il n'a rien pour moi. En réalité, le moteur de recherche ne s'est pas foulé, il n'a rien trouvé dans le délai qu'il s'autorise pour avoir l'air malin.

De toute façon, il me ment grossièrement en affirmant qu'il n'existe aucun document en réponse à ma demande. Il n'a cherché que dans ce qu'il connaît. Et je sais bien que tous les "documents" sur Internet ne sont pas rendus accessibles.

En plus, tout n'est pas sur Internet, il devrait le savoir d'une manière ou d'une autre.

Bref, c'est comme si c'était mon échec, pas le sien.

Là, c'est trop ! C'est insupportable, ce petit mensonge indigne "Aucun document..." pour entretenir la fable de l'omniscience d'Internet, le dogme de l'infaillibilité du tout puissant moteur de recherche...
Une page blanche à découper pour faire une cocotte en papier manifesterait moins de mépris pour l'imagination.

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Par construction, pour qu'un moteur de recherche soit performant, ce ne sont pas les réponses qui sont toutes faites, ce sont les questions.

Ce n'est pas de la littérature, c'est de la mécanique - du logiciel si vous préférez.

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L'avis majoritaire, on sait trop bien comment cela peut se fabriquer...

L'imposition d'un avis majoritaire n'a donc rien de neutre, même par une méthode douce comme l'ordre de présentation des réponses aux requêtes.

D'autant moins que cet ordre peut être manipulé par des artifices techniques ou par une contribution financière.

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Il faut être naze pour s'émerveiller d'une technique porteuse d'un pouvoir mental dont les pires des dictatures ont rêvé.

Il faut être complètement naze pour croire à la gratuité d'un service rendu sans contrepartie par cette technique.

N'empêche qu'il serait idiot de ne pas l'utiliser.

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Un moteur de recherche peut-il faire une différence entre l'unanimité et le plagiat banalisé ?

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Sur les grandes questions, il semblerait que les traces d'existence d'un débat se trouvent autant dans les encyclopédies que dans les toutes dernières déjections des people.

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Les réponses d'un moteur de recherche, c'est le "on dit" à propos des mots contenus dans la requête.
Plus exactement c'est ce qui est majoritairement retenu par les computations statistiques d'un logiciel dont "on" peut programmer le fonctionnement et la manière de présenter les résultats.

Et alors, personne ne trouve cela terrifiant ? Tandis que tant de gens prennent comme "la vérité" ce qu'ils trouvent sur Internet ?

Qu'une méthode de sélection inavouable ait toujours existé dans le monde de la "culture", est-ce un argument pour justifier une informatique aussi minable ?

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Souvent, dans les réponses à certaines questions, dont celles du domaine des cultures et civilisations, le non-dit porte le sens autant que le dit.

Pourquoi, s'il est si important, le non-dit n'est-il pas exprimé ? Parce que ce non-dit va de soi dans une culture ou un contexte donnés, parce que ce non-dit est le porteur de l'immense arrière plan de l'ignorance et de l'adversité communes à une culture donnée.
Exemple. La devise de mon pays "Liberté, Egalité, Fraternité" ne dit ni "liberté", ni "égalité", ni "fraternité", mais les trois ensemble en équilibre. La traduction de cette sorte d'équilibre par une fréquence d'association entre des concepts unitaires, c'est pertinent dans un modèle statistique, intéressant pour des chercheurs savants, mais carrément erroné pour un requêteur d'occasion.

Comment un automate logiciel peut-il pressentir l'existence d'un non-dit, éventuellement en évaluer l'importance dans la réponse à une requête : question d'avenir ?

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vendredi 30 novembre 2012

Pour une révolution quantique de la société binaire

1/ Spéculations scientistes contre vraies priorités

Des personnalités, astronautes, physiciens prix Nobel, etc. nous disent, en réponse aux questions des journalistes ou à cette occasion, que les découvertes scientifiques des 50 ans à venir nous ouvriront des possibilités actuellement impensables, mais dont ils savent pourtant nous donner un avant goût. Typiquement, il s'agit d'une colonisation de l'espace, de super calculateurs, de la prolongation de la vie en bonne santé ou d'autres merveilles.

La réalité demeure que les "grandes" découvertes scientifiques ont toujours eu pour effet de renforcer l'empreinte de l'espèce humaine sur la planète et encore auparavant, d'augmenter la variété et la puissance des arsenaux destinés aux guerres entre les humains. Il est donc à craindre que les spéculations enthousiastes à propos de découvertes futures ne relèvent, dans le meilleur des cas, de la mauvaise science-fiction, celle des rêveries ramollissantes.

Nous avons d'urgence besoin de découvertes dans deux domaines de recherche :

  • comment maîtriser la connerie, plus précisément celle des sociétés humaines
  • comment réduire la nuisance de l'espèce humaine sur notre planète.

Il existe dès maintenant des solutions. Elles sont soit plutôt désagréables à envisager (genre empire mondial, restriction autoritaire des naissances, affectation de chacun à un destin laborieux, etc.), soit très dépendantes d'un progrès préalable dans le premier domaine (par exemple, l'agroécologie ne se répandra pas sans un sursaut d'intelligence collective, ou après un cataclysme pédagogique).

Justement, dans ce blog, notre espoir est d'ouvrir un champ de solutions concernant le premier domaine...

2/ Contre sens de la société binaire démocratique moderne

Dans un billet antérieur, nous avons caractérisé sommairement la tendance binaire de notre société d'opulence.

Vic_b.jpg C'est une société de décantation au long d'une échelle de mesure unique, graduée en niveaux de pouvoir financier. En l'absence de tout apport extérieur, ce système serait animé seulement par des accidents ou du fait des imperfections de son mécanisme séparateur. La reproduction des "élites" fortunées de génération en génération n'est plus une thèse, mais un mode de gouvernance. Les fondations d'équité sociale minimale, péniblement établies dans plusieurs pays à la suite de souffrances et de révoltes (sécurité sociale, bourses aux étudiants, salaire minimum, assurance vieillesse,...), sont minées par le contre sens des complexités calculatoires selon les mérites de chaque cas individuel, et rognées dès lors qu'un modèle comptable faussement universel assimile leur besoin de financement à une charge de dépense comme les autres.

Concernant nos gouvernements, l'actualité nous montre à répétition le mensonge à nous-mêmes qu'est devenue la démocratie représentative et la vanité des processus électoraux dans nos sociétés stratifiées puisque nous élisons toujours les mêmes, leurs familles et leurs affidés. On constate partout dans les démocraties rondelettes, à l'échelle des nations comme à l'intérieur de groupes plus restreints, à quel point l'expression "élection démocratique" recouvre une trahison de la démocratie. En l'absence de débat sur les finalités, c'est évidemment toujours la force brute qui gagne - c'est à dire le pouvoir de l'argent et la violence de la tromperie -, surtout ces derniers temps par l'instrumentation des medias et le perfectionnement des techniques de communication - que l'on appelait autrefois réclame et propagande. La multiplication des enquêtes d'opinion destinées aux puissants, ou plutôt les sournoises manipulations qu'elles recouvrent, est le signe de l'isolement de la classe supérieure, mais aussi de la requalification des électeurs comme simples consommateurs de démocratie.

Dans nos vieux pays d'Europe, la contestation des politiques de soumission aveugle aux dogmes comptables est devenue inaudible à l'intérieur des instances représentatives; les manifestations bruyantes sur la place publique et les actes d'extrême démonstrativité sont les seuls à intéresser les employés intermittents du spectacle et leur clientèle excitée de zombies crétinisés. De toute façon, chacun ne pense qu'à s'en tirer au mieux pour son propre compte : "avec mon réseau de connaissances et comme je suis malin et sympa, j'aurai des trucs pour détourner le système à mon profit personnel"... Pauvre société démocratique, que celle du fric, des gueulards et des petits malins. En conséquence, il semble de moins en moins abusif que tant de régimes oligarchiques, mafieux, ou carrément dictatoriaux puissent se prétendre démocratiques, tandis que le niveau de gâchis intellectuel de nos instances et administrations centrales est devenu tel que l'on ferait une belle économie en les faisant remplacer toutes par un seul cabinet comptable de quelques dizaines de personnes, avec l'effet secondaire d'annuler la fréquence des changements de réglementations incohérentes subies par la population et d'arrêter les singeries de la gestion indicielle, comme s'il suffisait de bouger quelques leviers de commande au sommet pour "gérer" une nation. Le vide de finalités, mal dissimulé par l'abondance de discours creux bourrés de référence à nos "valeurs", deviendrait alors insupportable.

Moutonss.jpg Et quelle minable image de la société de la connaissance que celle de millions de moutons connectés à Internet, bénéficiant d'un libre accès à "tout le savoir du monde", mais tétanisés par d'incessantes incitations pusillanimes, maintenus dans l'incapacité de maîtriser collectivement un monde virtuel qui pourrait d'une quelconque manière représenter une alternative au "système".

Dans les 50 ans à venir, ce "système"' de la domination humaine est foutu, tout le monde le sait, du simple fait que son autonomie est une simplification obscène, que ce "système" dévore gratuitement les autres espèces et la planète, tout en prétendant un jour doctement valoriser l'irrécupérable et les disparitions qu'il aura provoquées. Nos modèle économiques de croIssance muteront peut-être en modèles économiques de rationnement. Peu importe. Tous ces modèles sont des modèles de guerre contre la planète et contre nous-mêmes; ils nous conduiront à une régression de civilisation, puis à une forme d'esclavage, immanquablement, mécaniquement, par le seul jeu de forces physiques et sociales qu'ils sont incapables de représenter. Vous préférez sans doute lire les discours humanistes étalés sur de belles pages par des professeurs bien rémunérés. Nous aussi. Mais trop souvent l'humanisme sert de justification au commerce criminel des destructeurs de la planète et décore le mépris de nos semblables que nous estimons indignes du progrès humain ou inaptes à l'appréciation des avantages que nous nous réservons.

Nous devons constater que dès à présent, nos "valeurs" ne valent déjà plus un clou. C'est donc en rapport au pire à venir qu'il faut raisonner maintenant, pour tenter d'y échapper.

Il n'est pourtant pas bien difficile d'imaginer comment nous extraire de l'actuel "système" mortifère et nécrosé ! Il suffit d'oublier les discussions de salon, les théories épuisées, les rêves publicitaires...

3/ Analogie quantique d'une révolution sociale

Par exemple, inspirons-nous d'une analogie quantique, par l'introduction volontaire et maîtrisée du hasard et l'acceptation de la non linéarité, dans au moins trois domaines cruciaux étroitement reliés :

  • le gouvernement "démocratique"
  • la carrière "professionnelle"
  • la formation de base et l'apprentissage

Comme finalités premières, prenons simplement l'insertion des gouvernants dans la société et la capitalisation continue des compétences individuelles et collectives. C'est tout de même ambitieux, car ce sont des finalités fondamentales d'une vraie démocratie, si l'on transpose à notre époque l'expérience d'origine (Solon, Grèce antique). Remarquez au passage l'absence des mots "valeur" et "gestion", merci. Et maintenant, nous allons bien sagement dynamiter par la pensée une grande partie de nos dogmes et institutions pour une vraie révolution - pas seulement pour un changement du personnel de direction et du discours majoritaire comme dans les révolutions traditionnelles.

Principes d'un gouvernement démocratique quantique

  • Election d'une partie significative (par exemple, au moins les 4/5ème) des gouvernants exécutifs et des corps législatifs par tirage au sort dans la population ayant réussi un examen probatoire de formation de base (équivalente au BEPC ou au certificat d'études d'autrefois, à savoir lire écrire compter et suivre un raisonnement)
  • Apprentissage préalable d'une année avec examen probatoire final pour chaque élu avant son entrée en fonction, possibilité de renonciation avant ou en cours de la période d'apprentissage
  • Tutorat de chaque élu par au moins 3 ex élus pendant son apprentissage puis pendant sa période en fonction, tutorat consacré exclusivement à la transmission de compétences concernant le mode de vie d'élu responsable et l'aide à la résolution de difficultés pratiques
  • Aucun mandat renouvelable et jamais de cumul de mandats dans diverses instances

NB. La mise en pratique de ces principes sera moins coûteuse et plus rationnelle que l'actuelle pseudo formation a priori et à n'importe quoi, par des écoles et universités élitistes, de la masse des adolescents issus de familles favorisées, prédestinés à se partager ensuite tous les postes dirigeants et carrières financièrement prestigieuses, partout et à vie, avec l'apport de quelques arrivistes tarés, pour finalement se mettre tous aux ordres rémunérés de lobbies de puissances financières obtuses, par veulerie ou par conviction mais surtout par incompétence crasse et par indifférence cultivée au monde des poussières d'âmes qui puent la sueur, qu'ils ont appris à traiter par des statistiques et des analyses factorielles, tandis que l'annuaire de leur propre petit monde tient dans un seul gros livre. Par ailleurs, on économisera évidemment toutes les dépenses des campagnes électorales, et on s'allègera des amas de mensonges et de sottises proférés dans ces occasions.

Principes de carrière professionnelle quantique

  • Formation de base suivie d'un examen probatoire
  • Pas plus de 5 ans dans une entreprise ou une organisation donnée, mais au moins 1 an
  • Tirage au sort de la destination suivante (parmi les postes libérables ou nouveaux offerts en entreprises ou organisations, dans l'administration, dans l'artisanat et les services, à tous niveaux hiérarchiques, dont les postes de gouvernants et des corps législatifs)
  • Apprentissage avant chaque poste, de durée adaptée selon la nature du poste à tenir et le bagage du postulant, tutorat avant et pendant chaque poste, possibilité limitée de désistement, possibilité d'affectation en tant qu'enseignant d'apprentissage pendant 1 an,...
  • Niveau de rémunération de base confortable et identique partout en mode quantique
  • Possibilité d'abandon du mode quantique, obligatoire en début de carrière, pour une carrière traditionnelle après 5 postes, par exemple en vue d'atteindre l'excellence dans un métier ou un art choisi

NB. Une carrière quantique se distinguera du type de carrière actuel dans une armée ou dans une congrégation religieuse par deux éléments importants : l'absence de "rationalisation" de carrière (dont on économise l'administration), et en conséquence une "progression" de carrière par l'accroissement personnel de compétences et la contribution à la capitalisation collective de ces compétences plutôt que par le niveau hiérarchique atteint à la fin d'une carrière individuelle. Il va de soi qu'il devra exister un instrument d'échange et de capitalisation des compétences entre les personnes en carrières quantiques (et les autres), en plus de diverses formules d'apprentissage et de tutorat à distance, ainsi qu'une logistique adaptée notamment pour le logement des "quantiques"... Les conséquences sur l'évolution, par rapport à l'état présent, du fonctionnement d'une entreprise ou d'une organisation peuplée d'une proportion importante de "quantiques" seront considérables, pas au plan de la discipline et la hiérarchie, mais par les possibilités de développement par projets en parallèle du fonctionnement traditionnel, en fonction des compétences disponibles. Evidemment, il faudra accepter qu'"être chef" peut être un métier provisoire qui s'apprend comme un autre, avec sa discipline et ses méthodes précises en fonction de tâches définies dans chaque contexte pratique.

4/ Et maintenant, que faire ?

Nos experts du court terme proclament : "compétitivité", "flexibilité", "dynamisme des carrières", "valorisation des compétences", "croîssance", "liberté individuelle", "développement personnel", "respect de la personne humaine", "utilité sociale", "société juste", "révolution citoyenne"... ? Notre esquisse "quantique" soustend évidemment d'autres définitions de ces termes que leurs belles définitions livresques, mais certainement pas moins précises en regard de nos finalités choisies.

De toute façon, avec ou sans vraie révolution de type quantique, les décisions à prendre pour arrêter la dégradation de la planète et la glissade vers une période d'extermination partielle obligeraient certainement à faire évoluer nos "valeurs" encore plus, et encore plus vite. Autrement dit, nous sommes mentalement accrochés à de mauvais points fixes, et de plus, ces points ne sont pas fixes. Nous pouvons donc jeter à la poubelle une masse de fadaises, et arrêter d'écouter ou de lire les productions carcérales générées par les automatismes ancrés sur ces points fixes. Autrement dit, il faut souhaiter que nos valeurs du futur naissent de nos finalités choisies, qui seront provisoires, et que nous ne resterons pas cramponnés à des valeurs historiques dont on peut constater la péremption et, pour certaines d'entre elles, l'égarement du sens et la nocivité depuis plusieurs décennies.

Mouette.JPG Terminons par quelques considérations sur la facilité d'une transition vers une révolution quantique. En effet, ce que nous décrivons comme une carrière quantique ressemble fortement, pour des jeunes, à un service civil obligatoire, que chacun pourrait choisir de continuer ou non, pour une carrière analogue à celle d'un consultant de terrain. Ce que nous décrivons très sommairement concernant les instances gouvernementales quantiques, pourrait se réaliser dans un premier temps par la création d'une chambre supplémentaire ou plutôt par la reconversion d'une des chambres des régimes bicaméristes, avec des conditions de réussite qui dépendraient alors largement du contexte et de l'histoire. Mais ce serait déjà un premier pas et peut-être un acte préliminaire indispensable que de fonder l'institutionnalisation et la publicité des sondages d'opinion, avec une délimitation du champ et de la nature des questions ainsi que la définition d'exigences sur les méthodes d'échantillonnage et d'estimation. L'emploi de réseaux numériques pour des consultations populaires serait en revanche purement instrumental.

Il demeure qu'aucun ferment de révolution sociale "quantique", aucun bouleversement majeur dans ce sens, n'aura d'effet en l'absence des finalités qui le porteront. Au contraire, une révolution chaotique ouvrirait comme d'habitude sur une forme d'oppression et de terreur.

Notez que les mots "responsabilité, "république" et "bonheur" n'ont jamais été cités dans ce billet. Il ne s'agissait pourtant que de cela, et, bien entendu, de notre dada, à savoir le projet d'un Web alternatif pour la transmission des compétences. Ce qui nécessite la création de sociétés virtuelles spécialement constituées pour nous affranchir de réflexes sociaux hérités du fond des âges et nous libérer d'une pseudo culture dominée par un romantisme animal de quatre sous (en monnaie locale), même et surtout lorsqu'elle est habillée de scientificité.

mercredi 15 juin 2011

Pour une révolution sociale

L'ouvrage proposé ici http://cariljph.free.fr/ est un essai révolutionnaire, sous des apparences gentillettes.

Le sujet, c'est la transmission des compétences personnelles à l'ére numérique, mais la réflexion menée dans le bouquin est plus générale.

Le livre développe une mise en question des solutions numériques existantes, de leur pérennité, de l'authenticité de leur souci des personnes. Non, même au seul plan logique, les solutions existantes ne peuvent suffire à reconcilier notre avenir avec notre passé dans un monde où les techniques, les idées, les modes de vie évoluent à grande vitesse.

Comment alors partager nos compétences personnelles, savantes ou banales, hors de toute compromission publicitaire, hors de toute exploitation (y compris les exploitations indirectes en arrière plan sous la forme de statistiques globalisées) ? Ensuite, comment pouvons-nous espérer exprimer aujourd'hui nos compétences pour répondre à des attentes futures non formulées ? Bien évidemment, il ne peut exister de solution qu'au travers des dialogues de personne à personne, quelle que soient les cultures, opinions, professions....

C'est donc une société virtuelle complète qu'il faut imaginer, avec ses conventions, ses règles de conduite, ses outils.

Photo_216.jpg

En traduction pratique, et en résumé, du point de vue de ma petite personne dans cette société virtuelle destinée à la transmission des compétences personnelles :

  • mon "site-héritage" est un site Web personnel que je maîtrise entièrement, contenu, accès, emplacement physique
  • mon site est structuré pour communiquer mes axes d'expérience, pas pour détailler mes compétences
  • son contenu est personnel, mais mon site est anonyme (mon nom, mes indicateurs de position sociale seraient des obstacles a priori)
  • un réseau de tuteurs m'aide à améliorer la rédaction initiale de mon site
  • l'outillage de rédaction me permet de relier les contenus de mon site à des référentiels permanents (dictionnaires, encyclopédies, collections de journaux,...) afin que leur contexte soit exprimé le plus finement possible à partir d'éléments communs permanents
  • un moteur de recherche spécifique me permet de trouver les autres sites personnels susceptibles de m'aider à compléter mes compétences
  • les réponses de ce moteur de recherche sont des objets que je peux enregistrer, traiter localement (filtres), utiliser dans les dialogues
  • le dialogue de personne à personne dans la phase initiale d'enquête en vue d'un échange de compétence est conduit selon une étiquette stricte, à la fois pour une communication efficace et pour éviter les excès (inquisition, intimidation, influence, imposture,...)
  • après accord entre un donateur et un bénéficiaire, les étapes de transmission d'une compétence spécifique sont réalisées par l'intermédiaire d'une plate forme collective adéquate, analogue à une plate forme de formation à distance

Pour une telle société virtuelle supposée éternelle, plusieurs services sont attendus des fournisseurs d'accès à Internet ou sont à créer spécifiquement, notamment :

  • isolement de la société virtuelle vis à vis du Web au grand large, protection des sites-héritages (sauf une partie déclarée comme publique), des dialogues entre personnes, des échanges sur la plate forme collective
  • protection de l'anonymat des sites-héritages
  • entretien des référentiels communs permanents (archivage versionné)
  • pérennité des liens entre les sites-héritages et les référentiels permanents
  • tenue de l'annuaire des tuteurs (anonymes)
  • fourniture de l'outillage de création, rédaction, entretien des sites par leurs auteurs autorisés
  • diffusion des conventions, règles, étiquettes, de la société virtuelle et de leurs mises à jour
  • fourniture du "moteur de recherche" adapté (ou base équivalente)
  • instrumentation du dialogue non instantané entre auteurs de sites-héritages, avec interruption et reprise, et possibilité de plusieurs dialogues simultanés par auteur
  • surveillance du niveau d'activité des auteurs de sites-héritages, détection des auteurs disparus, signalisation dans les réponses du moteur de recherche

Peut-être trouvez-vous que ces listes mélangent des éléments techniques inhabituels avec des articles de morale interne à une société virtuelle particulière ?

Hé bien, vous avez tout compris : une société virtuelle ne peut se réduire à l'utilisation d'un bidule informatique à la mode du moment, et les identités et lois sociales d'une société virtuelle doivent être conçues spécialement pour répondre aux finalités de ladite société.

TOUT RESTE A FAIRE dans l'univers des sociétés virtuelles !

jeudi 9 juin 2011

Moteur de recherche à notre service ?

Pour que mon site personnel soit bien vu des moteurs de recherche, je dois respecter des règles expliquées dans des guides et documents (d'ailleurs passablement incohérents s'ils ont été rédigés à des époques légèrement différentes).

Et, si je me prends au sérieux, je vais acheter d'abord des conseils plus affutés et plus tard, plus cher encore, des listes astucieuses de mots clés sélectionnés en fonction des statistiques de requêtes, afin que mon site sorte automatiquement dans les premiers !

N'est-il pas étonnant que personne ne s'élève contre cette logique et ce commerce ? On pourrait pourtant y voir à la fois une atteinte à la liberté d'expression et l'instauration d'une sélection par la richesse.

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A l'inverse, un moteur de recherche, s'il était conçu comme un vrai service à l'usager, permettrait à cet usager de définir lui-même dans quelle mesure son site doit être indexé, et lui présenterait, pour ce faire, en temps réel, le résultat d'indexation de son site ainsi que des conseils sur les moyens d'en faire ressortir l'originalité.

Nous voyons bien que ce n'est pas de cela qu'il s'agit dans le Web actuel...